Un jour, quelqu’un a dit que les lesbiennes n’existaient pas vraiment, ou qu’elles finiraient par aimer les hommes. C’est aussi ça, la lesbophobie : nier, fantasmer, effacer.

Lutte Queer

La lesbophobie désigne une forme spécifique de discrimination qui vise les femmes lesbiennes ou perçues comme telles, à l’intersection du sexisme et de l’homophobie. Elle se manifeste par l’invisibilisation, la dévalorisation, la sexualisation, les discriminations et les violences fondées à la fois sur le genre et l’orientation sexuelle.

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— L’équipe du Petit Coincoin

La lesbophobie prend racine à la fois dans l’homophobie (rejet de l’homosexualité) et dans le sexisme (dévalorisation des femmes). Historiquement, les relations entre femmes ont été invisibilisées, niées ou sexualisées, souvent considérées comme inexistantes ou secondaires par rapport aux relations hétérosexuelles. Cette négation s’inscrit dans des sociétés patriarcales où la sexualité féminine est contrôlée et pensée avant tout en fonction du regard et du désir masculins.

Personne touchées

  • Les  femmes lesbiennes
  • Les personnes perçues comme lesbienne lesbiennes
  • Les femmes lesbiennes 
  • Les personne perçues comme lesbiennes, indépendamment de leur orientation réelle. ET plus largement, les femmes qui ne se conforment pas aux normes de genre et de féminité attendues.

D'où ça vient ?

  • Sexisme structurel : les femmes sont perçues comme devant être disponibles pour les hommes, affectivement et sexuellement.
  • Invisibilisation : les relations lesbiennes sont souvent ignorées, minimisées ou niées dans les discours sociaux, médicaux et médiatiques.
  • Hypersexualisation : les relations entre femmes sont fréquemment réduites à des fantasmes masculins, ce qui nie leur dimension affective et identitaire.
  • Contrôle des normes de genre : rejet des femmes jugées trop masculines, indépendantes ou ne correspondant pas aux attentes de féminité.
  • Propos dénigrants ou sexualisants, remarques intrusives sur la sexualité ;
  • Négation de l’orientation sexuelle (“ce n’est qu’une phase”, “tu n’as pas encore rencontré le bon homme”).
  • Discriminations dans l’emploi, la santé ou le logement.
  • Violences verbales, physiques ou sexuelles, incluant les violences dites de “correction”, reconnues par les organisations internationales comme des violences graves fondées sur le genre et l’orientation sexuelle.

Ces violences sont souvent sous-déclarées, notamment en raison du manque de reconnaissance institutionnelle spécifique de la lesbophobie.

Si toi aussi tu subis de la discrimination, sache que tu n’es pas seul·e.
En parler est déjà un premier pas.
N’aie jamais honte de ton histoire.

Qu'en dit la Science?

Ces violences sont souvent sous-déclarées, notamment en raison du manque de reconnaissance institutionnelle spécifique de la lesbophobie. La recherche montre que celle-ci se situe à l’intersection du sexisme et de l’homophobie, exposant les femmes lesbiennes à des formes de discriminations particulières, comme l’invisibilisation, l’hypersexualisation ou la remise en cause de leur légitimité. Les études en sciences sociales et en santé publique soulignent que cette double oppression a des conséquences accrues sur la santé mentale, l’accès aux soins et la sécurité, renforçant l’isolement et la vulnérabilité sociale des personnes concernées.

Situation en Europe

En Europe de l’Ouest, les avancées juridiques en faveur des droits LGBTQIA+ ont amélioré la reconnaissance et la protection des femmes lesbiennes. Néanmoins, la lesbophobie demeure une réalité, souvent marquée par l’invisibilisation, la sexualisation et des discriminations spécifiques. Les enquêtes montrent que les femmes lesbiennes continuent de signaler des difficultés, notamment dans l’espace public, le monde du travail et l’accès aux soins.

Dans plusieurs pays d’Europe de l’Est et des Balkans, les femmes lesbiennes sont confrontées à une double vulnérabilité, liée à la fois au sexisme et à l’homophobie. Les normes de genre traditionnelles, le poids des conservatismes sociaux et l’absence de reconnaissance institutionnelle renforcent l’exposition aux discriminations et aux violences, tout en limitant la visibilité et la prise en charge spécifique de la lesbophobie.

Au niveau de l’Union européenne, les enquêtes de la FRA montrent que les femmes lesbiennes déclarent encore des niveaux significatifs de discrimination, de harcèlement et de violences, notamment dans l’espace public et les services de santé. Les écarts entre pays restent importants, et la reconnaissance spécifique des discriminations lesbophobes demeure inégale selon les États membres, malgré un cadre général de lutte contre les discriminations.

 

Situation Mondial

En Asie, la situation des femmes lesbiennes est souvent marquée par une forte invisibilisation. Dans les pays où l’homosexualité est criminalisée, elles sont exposées à des sanctions légales et à des violences. Ailleurs, les pressions familiales, les mariages forcés et l’absence de reconnaissance sociale constituent des formes majeures de lesbophobie.

En Amérique latine, les femmes lesbiennes sont particulièrement vulnérables aux violences, y compris sexuelles, dans des contextes marqués par le machisme et l’impunité. Même dans les pays disposant de lois protectrices, la lesbophobie reste fortement ancrée dans les normes sociales.

 

En Afrique du Nord, la criminalisation de l’homosexualité expose les femmes lesbiennes à des risques juridiques, sociaux et physiques importants. Leur situation est aggravée par le sexisme structurel et le contrôle social exercé sur la sexualité féminine

En Afrique subsaharienne, les femmes lesbiennes sont confrontées à des formes extrêmes de violences, parfois qualifiées de violences “correctives” par les organisations internationales. Ces pratiques sont reconnues par l’ONU comme de graves violations des droits humains, à l’intersection du sexisme et de l’homophobie.

En Océanie, les femmes lesbiennes bénéficient de protections juridiques dans certains pays, mais restent exposées à l’invisibilisation et aux discriminations sociales, notamment dans les États où l’homosexualité demeure pénalisée ou fortement stigmatisée.

En Amérique du Nord, malgré des protections juridiques relativement solides, les femmes lesbiennes restent exposées à des formes spécifiques de discrimination, notamment dans l’espace public, le monde du travail et les services de santé. Les violences lesbophobes s’inscrivent souvent dans un contexte plus large de violences sexistes.

Les Nations unies reconnaissent la lesbophobie comme une violation des droits humains, résultant de l’intersection entre sexisme et homophobie, et appellent les États à renforcer la protection juridique et sociale des femmes lesbiennes.

Au niveau européen, l’enquête de l’Agence des droits fondamentaux de l’UE (FRA) montre que la discrimination et les violences motivées par la haine restent une réalité significative pour les personnes LGBTQIA+ dans de nombreux pays, même quand le cadre légal progresse.

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Bobby
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