Un jour, quelqu’un a murmuré qu’un homme en djellaba devait être un terroriste. L’islamophobie commence souvent là : juger et craindre quelqu’un à cause de sa religion.

Lutte Sociale / Laïque

L’islamophobie désigne des préjugés, une peur ou une hostilité visant l’islam en tant que religion (croyances, pratiques, symboles, institutions), pouvant se traduire par des discours stigmatisants et des mesures d’exclusion des expressions religieuses musulmanes dans l’espace public. Elle peut alimenter ou accompagner la haine anti-musulmans (qui vise des personnes), mais ce n’est pas exactement la même chose.

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— L’équipe du Petit Coincoin

L’islamophobie (au sens “hostilité envers l’islam”) s’inscrit dans une histoire longue d’altérisation de l’islam en Europe et en Occident (représentations de menace, d’incompatibilité culturelle, etc.), réactivée dans des contextes contemporains marqués par les attentats djihadistes, les tensions géopolitiques et les débats sur la place des religions. Les instances internationales soulignent que ces dynamiques se transforment facilement en stigmatisation sociale et politique.

 

L’islamophobie a été conceptualisée dès le début de la colonisation au maghreb pour qualifier les actes de l’administration colonialistes envers les populations musulmanes. 

 

En parallèle, le vocabulaire et les cadrages ont évolué : certaines institutions et acteurs préfèrent parler de “racisme anti-musulmans” ou “haine anti-musulmans” pour viser explicitement les discriminations envers les personnes, justement afin d’éviter la confusion entre critique d’une religion et discrimination contre des individus.

Personne touchées

  • Les personnes musulmanes
  • Les personne associer a l’islam
  • Les personnes musulmanes (ou perçues comme telles), parce qu’islam et “musulmans” sont souvent amalgamés dans la vie sociale ;
  • Les associations, lieux de culte et institutions musulmanes (mosquées, organisations, événements religieux).

plus largement, toute personne portant ou associée à des signes perçus comme musulmans.

D'où ça vient ?

  • Essentialisation : présenter “l’islam” comme un bloc homogène (sans diversité interne).
  • Soupçon généralisé : associer des pratiques religieuses ordinaires à une menace (sécuritaire, politique, culturelle).
  • Confusion des registres : mélanger islam (religion), islamisme (courant politique), terrorisme (violence).
  • Glissement vers le racial : traiter l’“identité musulmane” comme une origine ou une “race”, ce que des institutions décrivent comme un racisme anti-musulmans.
  • Des stéréotypes (“religion intrinsèquement violente / incompatible / archaïque”) 
  • Des campagnes de désinformation ou de suspicion visant des pratiques (voile, halal, mosquée, prière, etc.) 
  • Des pressions d’invisibilisation des expressions religieuses musulmanes 
  • Des attaques symboliques (profanations, tags, menaces contre des lieux associés à l’islam), qui basculent souvent vers la haine anti-musulmans.

Si toi aussi tu subis de la discrimination, sache que tu n’es pas seul·e.
En parler est déjà un premier pas.
N’aie jamais honte de ton histoire.

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Qu'en dit la Science?

La science définit l’islamophobie comme un ensemble de représentations, de discours et de pratiques hostiles visant l’islam en tant que religion, ses symboles, ses croyances ou ce qui est perçu comme tel dans l’espace public. Les recherches en sciences sociales distinguent l’islamophobie de la musulmanophobie, qui concerne la discrimination dirigée contre les personnes musulmanes ou perçues comme musulmanes. Toutefois, la littérature scientifique souligne que ces deux phénomènes sont étroitement liés, car la stigmatisation d’une religion se traduit fréquemment par des discriminations envers les individus associés à cette religion, indépendamment de leurs pratiques réelles. Les études montrent que l’islamophobie est un phénomène socialement et politiquement construit, alimenté par l’héritage colonial, les discours sécuritaires, les politiques antiterroristes, la désinformation et certaines représentations médiatiques qui associent l’islam à la violence, à l’archaïsme ou à l’incompatibilité avec les valeurs démocratiques.

Situation en Europe

En Europe de l’Ouest, l’islamophobie se cristallise fréquemment autour de controverses sur la visibilité religieuse et la place de l’islam dans l’espace public. Les institutions européennes notent que ces débats peuvent nourrir une stigmatisation durable des musulmans et des pratiques religieuses.

Dans plusieurs pays d’Europe de l’Est et des Balkans, la présence musulmane est variable selon les régions, mais les cadres politiques et médiatiques peuvent diffuser des narratifs de menace culturelle, avec des épisodes de haine ciblant des communautés musulmanes historiques ou migrantes.

À l’échelle de l’UE, la FRA documente une hausse des expériences de discrimination et de harcèlement visant des musulmans, en soulignant qu’elles sont liées à la religion, à l’origine et à la couleur de peau — ce qui illustre le chevauchement constant entre islamophobie (discours sur l’islam) et haine anti-musulmans (atteintes aux personnes).

Situation Mondial

En Asie, la situation est très hétérogène : dans certains contextes, l’hostilité vise l’islam comme identité religieuse dans des cadres nationalistes, avec des effets directs sur les droits et la sécurité des communautés musulmanes.

En Amérique latine, l’islamophobie est souvent moins structurée politiquement que dans d’autres régions, mais peut exister via des stéréotypes médiatiques importés et des discriminations localisées envers des minorités musulmanes. 

En Afrique du Nord, la question se pose différemment (majorités musulmanes), mais l’islamophobie peut être observée à travers des dynamiques externes (regards, politiques, stéréotypes importés) et, localement, via des conflits identitaires où la religion devient un marqueur de rejet.

En Afrique subsaharienne, les phénomènes varient fortement : dans certains pays, des minorités musulmanes peuvent être ciblées par des discours de suspicion ou des violences, selon les contextes politiques et sécuritaires.

En Océanie, des institutions et ONG suivent aussi l’évolution des discours anti-musulmans et les atteintes contre des lieux de culte, dans un contexte global où les narratifs islamophobes circulent largement

En Amérique du Nord, les institutions internationales et nationales suivent les phénomènes d’hostilité envers l’islam et d’attaques contre des communautés musulmanes, notamment lors de pics de tensions géopolitiques ou d’événements terroristes.

Clarification : 

  • Islamophobie: vise l’islam comme religion (discours, stéréotypes, rejet des expressions religieuses).
  • Musulmanophobie: vise des personnes musulmanes ou perçues comme telles (discriminations, harcèlement, violences, inégalités d’accès aux droits).

Les conséquences de l’islamophobie sont documentées par la recherche comme étant à la fois individuelles et structurelles. Sur le plan individuel, l’exposition répétée à des discours hostiles envers l’islam est associée à une augmentation du stress, de l’anxiété, du sentiment d’insécurité et de la détresse psychologique, notamment chez les personnes musulmanes ou perçues comme telles.

Sur le plan social et institutionnel, l’islamophobie contribue à des discriminations dans l’accès à l’emploi, au logement, à l’éducation et aux services publics, ainsi qu’à la légitimation de politiques restrictives ciblant les pratiques religieuses. À l’échelle collective, la science montre que l’islamophobie fragilise la cohésion sociale, renforce les préjugés intergroupes et alimente les tensions sociales, tout en détournant l’attention des enjeux structurels réels liés à l’inclusion, à l’égalité et au vivre-ensemble.

Tu peux nous envoyer ton témoignage par mail, avec un pseudonyme et, si tu le souhaites, une image. Merci de rester respectueux pour préserver un espace sûr pour toustes.
Bobby
Concepteur

Le conflit israélo-palestinien est un conflit politique, territorial et géopolitique, opposant l’État d’Israël et le peuple palestinien, dont les racines historiques remontent au XXᵉ siècle.

Les institutions internationales rappellent de manière constante qu’il ne s’agit ni d’un conflit religieux, ni d’un conflit opposant des peuples ou des religions dans leur ensemble, mais d’un conflit impliquant des acteurs politiques, militaires et étatiques.

Un conflit régulièrement instrumentalisé dans les discours de haine

Dans de nombreux contextes nationaux et internationaux, le conflit israélo-palestinien est instrumentalisé pour justifier ou alimenter des discours de haine, notamment :

  • Contre les personnes juives, assimilées à tort aux politiques du gouvernement israélien.
  • Contre les personnes musulmanes, assimilées à tort aux actes de groupes armés ou à une violence collective.

Les Nations unies et le Conseil de l’Europe soulignent que ces amalgames constituent des violations des principes fondamentaux des droits humains, car ils attribuent une responsabilité collective à des individus en raison de leur religion ou de leur identité supposée.

D'où ça vient ?

Lien avec l’antisémitisme

L’antisémitisme lié au conflit s’exprime notamment lorsque :

  • Des personnes juives, où qu’elles vivent, sont rendues responsables des actions de l’État d’Israël.
  • Des stéréotypes antisémites anciens (complot, domination mondiale, double loyauté) sont réactivés sous couvert de critique politique.
  • La négation ou la relativisation de la souffrance juive est utilisée comme argument politique.

Les institutions internationales rappellent que :

  • Critiquer un gouvernement, une politique ou un État est légitime.
  • Cibler des personnes juives en tant que juives ne l’est jamais.

Cette distinction est explicitement intégrée dans les cadres de référence sur l’antisémitisme.

 

 

Lien avec la musulmanophobie et l’islamophobie

De l’autre côté, le conflit nourrit également :

  • Des amalgames entre musulmans, Palestiniens, terrorisme et violence .
  • Une stigmatisation des mobilisations pro-palestiniennes, parfois présentées comme intrinsèquement dangereuses ou radicales.
  • Des discriminations visant des personnes musulmanes, perçues comme soutenant automatiquement des groupes armés ou des idéologies violentes.

Les institutions internationales soulignent que :

  • La solidarité avec les civils palestiniens ou la critique des politiques israéliennes ne constitue pas en soi une haine religieuse.
  • La stigmatisation des musulmans comme groupe sur cette base relève de la discrimination.

Position de principe des institutions internationales

Les cadres internationaux de lutte contre les discriminations insistent sur trois principes fondamentaux :

  • Aucune religion ni aucun peuple ne peut être tenu responsable collectivement d’un conflit politique.
  • La critique des États et des politiques publiques est légitime dans un cadre démocratique.
  • Toute transposition de ce conflit sur des populations civiles, juives ou musulmanes, constitue une dérive discriminatoire.

Le conflit israélo-palestinien agit ainsi comme un facteur de tension, mais ne justifie ni l’antisémitisme, ni la musulmanophobie, ni l’islamophobie.

Point clé à retenir

  • Le conflit israélo-palestinien est politique et territorial, pas religieux.
  • Il est fréquemment instrumentalisé pour nourrir des haines antisémites et anti-musulmanes.
  • Aucune critique politique ne justifie la discrimination ou la violence envers des personnes.
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