Un jour, quelqu’un a parlé des personnes intersexes comme d’un problème à corriger. C’est là que commence l’intersexophobie : quand la norme médicale efface des existences.

Lutte Queer

L’intersexophobie désigne l’ensemble des discriminations, violences et atteintes aux droits visant les personnes intersexes, dont les caractéristiques sexuelles ne correspondent pas aux normes médicales ou sociales strictes du sexe féminin ou masculin. Elle se manifeste notamment par des pratiques médicales non consenties, l’invisibilisation et la stigmatisation.

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— L’équipe du Petit Coincoin

L’intersexophobie trouve son origine dans une vision binaire et normée du sexe, selon laquelle les corps humains devraient correspondre exclusivement aux catégories “femme” ou “homme”. Les variations du développement sexuel ont historiquement été considérées comme des anomalies à corriger, notamment par le corps médical.

 

Dès le XXᵉ siècle, des pratiques médicales dites de “normalisation” ont été mises en place sur les enfants intersexes, souvent sans nécessité vitale et sans leur consentement, dans le but de les faire correspondre aux normes sociales dominantes. Ces pratiques ont été largement critiquées et qualifiées de violations des droits humains par les institutions internationales.

Personne touchées

  • Les personnes intersexes
  • Les enfants intersexes
  • Les personnes intersexes, c’est-à-dire nées avec des caractéristiques sexuelles (chromosomiques, gonadiques, hormonales ou anatomiques) qui ne correspondent pas strictement aux définitions médicales typiques du féminin ou du masculin 
  • Les enfants intersexes, particulièrement vulnérables en raison des décisions prises à leur place.

Les personnes intersexes peuvent également subir des discriminations croisées liées au genre, à l’orientation sexuelle ou à l’état de santé.

D'où ça vient ?

  • Pathologisation médicale des corps intersexes.
  • Interventions médicales non nécessaires et non consenties, souvent pratiquées dès l’enfance.
  • Silence et invisibilisation dans les politiques publiques, l’éducation et les statistiques.
  • Manque de reconnaissance juridique des droits spécifiques des personnes intersexes.
  • Stigmatisation sociale liée à la méconnaissance des réalités intersexes.
  • Instrumentalisation ponctuelle : personnes intersexes citées comme “preuve” que la nature n’est pas binaire, puis ignorées dans les politiques, les droits et la vie sociale le reste du temps.

Ces mécanismes ont des conséquences durables sur l’intégrité physique, la santé mentale et l’autonomie des personnes concernées.

  • Chirurgies et traitements médicaux non consentis, sans urgence vitale.
  • Absence d’information ou mensonges médicaux adressés aux personnes concernées et à leurs familles.
  • Discriminations dans l’accès aux soins, à l’état civil ou à l’éducation.
  • Stigmatisation et isolement social.
  • Atteintes à l’intégrité corporelle, reconnues par l’ONU comme des violations des droits humains.

Si toi aussi tu subis de la discrimination, sache que tu n’es pas seul·e.
En parler est déjà un premier pas.
N’aie jamais honte de ton histoire.

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Qu'en dit la Science?

La science reconnaît l’intersexophobie comme une forme spécifique de discrimination visant les personnes intersexes, fondée sur le rejet des variations naturelles des caractéristiques sexuelles. Les recherches en sciences sociales, en médecine et en droits humains montrent que cette discrimination s’exerce notamment par la pathologisation, les interventions médicales non consenties, l’invisibilisation et la stigmatisation sociale. L’intersexophobie est étroitement liée au binarisme sexuel et aux normes médicales et sociales, et elle est associée à des conséquences durables sur la santé physique, la santé mentale et l’autonomie des personnes intersexes, indépendamment de toute notion de maladie.

Situation en Europe

En Europe de l’Ouest, la reconnaissance des droits des personnes intersexes progresse lentement. Certains États ont engagé des réflexions ou adopté des recommandations, mais les interventions médicales non consenties restent largement pratiquées.

En Europe de l’Est et dans les Balkans, la situation est marquée par une forte invisibilisation des personnes intersexes. Les cadres juridiques spécifiques sont quasi inexistants, et les pratiques médicales ne sont que rarement encadrées.

À l’échelle de l’Union européenne, le Conseil de l’Europe et la FRA reconnaissent l’intersexophobie comme une problématique distincte. Toutefois, la protection juridique reste fragmentaire, et peu d’États interdisent explicitement les interventions non consenties sur les enfants intersexes.

Situation Mondial

En Asie, l’intersexophobie est renforcée par le silence social et médical autour des variations du sexe. Les interventions médicales précoces sont fréquentes et rarement remises en question publiquement.

En Amérique latine, la visibilité intersexe progresse, mais les protections juridiques spécifiques demeurent rares. Les personnes intersexes sont souvent confrontées à un manque d’accès à une information médicale indépendante.

En Afrique du Nord, l’absence de reconnaissance juridique et la forte normativité sexuelle exposent les personnes intersexes à l’exclusion sociale et aux pratiques médicales non encadrées.

En Afrique subsaharienne, les personnes intersexes font face à une stigmatisation sociale importante et à un manque de protections juridiques, malgré quelques initiatives locales de plaidoyer.

En Océanie, l’Australie et la Nouvelle-Zélande ont engagé des réflexions sur les droits des personnes intersexes, mais les interventions médicales non consenties restent un enjeu majeur.

En Amérique du Nord, certaines avancées existent, notamment en matière de reconnaissance des droits, mais les pratiques médicales non consenties restent répandues, malgré les critiques des organismes de défense des droits humains.

Au niveau européen, l’enquête de l’Agence des droits fondamentaux de l’UE (FRA) montre que la discrimination et les violences motivées par la haine restent une réalité significative pour les personnes LGBTQIA+ dans de nombreux pays, même quand le cadre légal progresse.

Les personnes intersexes rapportent fréquemment des traumatismes liés aux pratiques médicales subies dans l’enfance.

Tu peux nous envoyer ton témoignage par mail, avec un pseudonyme et, si tu le souhaites, une image. Merci de rester respectueux pour préserver un espace sûr pour toustes.
Bobby
Concepteur
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