Un jour, quelqu’un a dit qu’une personne « ne valait pas mieux que son quartier ». Le classisme commence souvent là : juger et exclure quelqu’un à cause de sa classe sociale.
Lutte Sociale
Le classisme désigne l’ensemble des discriminations, stigmatisations, exclusions et hiérarchisations fondées sur l’appartenance réelle ou supposée à une classe sociale. Il repose sur des rapports de domination économique, culturelle et symbolique, et produit des inégalités structurelles durables.
Le classisme trouve ses origines dans la structuration historique des sociétés en classes sociales, liées à la propriété, au travail et à l’accès aux ressources.
Avec le développement du capitalisme industriel, les inégalités économiques se sont accompagnées d’une hiérarchisation morale et culturelle des groupes sociaux : certaines classes ont été associées à la respectabilité, à la compétence et au mérite, tandis que d’autres ont été perçues comme inférieures, incultes ou irresponsables.
Les institutions internationales rappellent que ces hiérarchies ne relèvent pas de différences naturelles, mais de rapports sociaux construits historiquement.
Personne touchées
- Les personnes issues des classes populaires et précaires.
- Les personnes perçus comme “de classe inferieure”
- Les personnes issues des classes populaires et précaires.
- Les personnes en mobilité sociale descendante ou ascendante, exposées à des formes de disqualification symbolique.
- Les personnes perçues comme n’ayant pas les “codes” sociaux légitimes.
- Les populations cumulant plusieurs discriminations (origine, genre, handicap, pauvreté).
Il peut également affecter des personnes dont la situation économique est stable, mais dont l’origine sociale est stigmatisée.
D'où ça vient ?
- Hiérarchisation sociale basée sur le capital économique, culturel et symbolique.
- Méritocratie dévoyée, faisant croire que la réussite ou l’échec relèvent uniquement de l’effort individuel.
- Dévalorisation culturelle des pratiques, langages et goûts populaires.
- Invisibilisation des inégalités structurelles (héritage, réseaux, accès différencié à l’éducation).
- Auto-censure et intériorisation des limites sociales.
Ces mécanismes contribuent à la reproduction des inégalités de classe.
- Discriminations dans l’éducation, l’orientation et l’accès aux études supérieures.
- Barrières à l’emploi et à la progression professionnelle.
- Jugements et stigmatisation des accents, manières de parler ou de s’habiller.
- Exclusions symboliques dans les espaces culturels ou institutionnels.
- Dévalorisation sociale des métiers peu reconnus.
Le Défenseur des droits souligne que l’origine sociale demeure un facteur majeur d’inégalités de trajectoire.
Si toi aussi tu subis de la discrimination, sache que tu n’es pas seul·e.
En parler est déjà un premier pas.
N’aie jamais honte de ton histoire.
Qu'en dit la Science?
La science définit le classisme comme un système de discriminations, de préjugés et de rapports de pouvoir fondés sur la position sociale, économique et culturelle des individus. En sociologie et en économie, le classisme est analysé comme un phénomène structurel, lié à la stratification sociale et à la reproduction des inégalités, notamment à travers l’accès différencié aux ressources matérielles, à l’éducation, à l’emploi et au capital culturel.
Les recherches en psychologie sociale montrent que le classisme s’exprime aussi sous forme de stéréotypes négatifs à l’égard des personnes issues des classes populaires, perçues comme moins compétentes, moins responsables ou moins légitimes. La science souligne que le classisme est souvent normalisé, invisibilisé ou présenté comme du “mérite” ou du “choix individuel”, alors qu’il résulte largement de contraintes sociales, économiques et institutionnelles qui limitent les trajectoires de vie.
Situation en Europe
En Europe de l’Ouest, le classisme persiste malgré des systèmes de protection sociale. Les inégalités d’origine sociale restent déterminantes dans l’accès à l’éducation, à l’emploi et à la santé.
En Europe de l’Est et dans les Balkans, les transitions économiques ont accentué les écarts de classe et renforcé la stigmatisation des populations les plus précaires.
À l’échelle de l’Union européenne, les institutions reconnaissent l’origine sociale comme un facteur majeur d’inégalités, bien que le classisme soit rarement nommé explicitement comme discrimination.
Situation Mondial
En Asie, le classisme est étroitement lié aux systèmes éducatifs, aux castes ou aux statuts sociaux, selon les contextes nationaux.
En Amérique latine, les hiérarchies de classe sont très marquées et souvent héritées de structures coloniales, produisant des inégalités sociales profondes.
En Afrique du Nord, les inégalités économiques et sociales nourrissent des formes de classisme, notamment dans l’accès à l’emploi et aux services.
En Afrique subsaharienne, le classisme s’articule avec les héritages coloniaux, les inégalités économiques et les discriminations croisées.
En Océanie, le classisme touche particulièrement les populations autochtones et les personnes issues des classes populaires.
En Amérique du Nord, le classisme est fortement lié à l’idéologie de la réussite individuelle, masquant l’ampleur des inégalités économiques et sociales.
Les études montrent que le classisme a des conséquences profondes et durables sur les individus et sur la société. Au niveau individuel, il est associé à une augmentation du stress chronique, de l’anxiété, de la honte sociale et à une dégradation de la santé mentale et physique, en particulier chez les personnes en situation de précarité ou issues des classes populaires. Le classisme affecte également l’estime de soi, les aspirations scolaires et professionnelles, et favorise l’autocensure ainsi que le sentiment d’illégitimité.
Sur le plan social, il contribue à la reproduction des inégalités, à la ségrégation sociale et territoriale, et à la défiance envers les institutions. À l’échelle collective, la recherche montre que le classisme affaiblit la cohésion sociale, renforce les fractures économiques et limite l’efficacité des politiques publiques, en empêchant une prise en compte réelle des déterminants sociaux des inégalités.
