Un jour, quelqu’un a dit que les chrétien·nes n’étaient pas persécuté·es. La christianophobie commence là : croire que son propre pays ou sa religion fixe la norme.
Lutte Queer
La christianophobie désigne l’ensemble des actes de haine, discriminations, violences ou dégradations visant des personnes chrétiennes, des communautés chrétiennes ou des lieux et symboles du christianisme, en raison de leur religion réelle ou supposée. Le terme est principalement employé pour qualifier des atteintes ciblées, et non une discrimination structurelle globale.
La christianophobie, en tant que notion, apparaît dans des contextes variés et non homogènes. Contrairement à d’autres discriminations religieuses, elle ne repose pas sur une histoire globale de domination systémique des chrétiens, mais sur des situations locales ou contextuelles.
Ses origines peuvent inclure :
- Des conflits géopolitiques ou religieux, où le christianisme est associé à des puissances étrangères ou coloniales.
- Des dynamiques antireligieuses dans des États prônant un athéisme politique ou une répression des religions.
- Des réactions idéologiques à des institutions chrétiennes perçues comme dominantes ou oppressives dans certains contextes historiques.
- Des instrumentalisations politiques, où le terme est utilisé pour dénoncer toute critique du christianisme ou de ses institutions.
Les institutions internationales distinguent clairement la critique d’une religion (légitime) des violences ou discriminations visant des personnes (illégitimes).
Personne touchées
- Les personnes chrétiennes
- Les personnes chrétiennes, pratiquantes ou non
- Les communautés chrétiennes minoritaires, notamment dans des pays où le christianisme n’est pas majoritaire
- Les institutions, lieux de culte et symboles chrétiens (églises, cimetières, croix)
- les personnes perçues comme chrétiennes, indépendamment de leur pratique réelle.
Les chrétiens ne constituent pas un groupe homogène et les situations varient fortement selon les régions du monde.
D'où ça vient ?
- Association à un pouvoir dominant ou étranger, en particulier dans des contextes postcoloniaux.
- Ciblage religieux dans des conflits identitaires ou armés.
- Anticléricalisme radical, pouvant basculer de la critique idéologique à la haine des croyants.
- Amalgames entre pratiques religieuses, institutions ecclésiales et positions politiques.
- Confusion entre laïcité et hostilité à la religion, notamment dans certains débats publics.
Ces mécanismes produisent des violences ou des discriminations ciblées, sans constituer pour autant un système mondial de domination anti-chrétienne.
- Dégradations ou profanations de lieux de culte
- Violences physiques ou menaces contre des croyants ou responsables religieux
- Restrictions à la liberté de culte dans certains États
- Discours de haine ou stigmatisation publique
- Discriminations locales dans l’accès à des droits ou à la sécurité.
Les institutions internationales rappellent que toute violence ou discrimination fondée sur la religion constitue une violation des droits humains, quel que soit le groupe concerné.
Si toi aussi tu subis de la discrimination, sache que tu n’es pas seul·e.
En parler est déjà un premier pas.
N’aie jamais honte de ton histoire.
Qu'en dit la Science?
Dans les sciences sociales, le terme christianophobie est discuté et n’est pas toujours utilisé de manière consensuelle. Les recherches parlent plus largement de discrimination religieuse, de préjugés antichrétiens ou de hostilité envers les groupes chrétiens, notamment dans certains contextes géopolitiques ou socioculturels. Les études montrent que les attitudes négatives envers les chrétien·nes peuvent émerger dans des sociétés fortement sécularisées, dans des contextes de tensions identitaires, ou dans des pays où le christianisme est associé à des rapports historiques de pouvoir (colonialisme, domination institutionnelle). La psychologie sociale distingue cependant clairement la critique des doctrines religieuses, qui relève de la liberté d’expression, des préjugés dirigés contre les personnes, qui constituent une forme de discrimination fondée sur l’appartenance religieuse.
Situation en Europe
En Europe de l’Ouest, les chrétiens ne sont pas victimes de discriminations structurelles. Toutefois, des actes de vandalisme, de profanation ou de menaces visant des lieux de culte chrétiens sont régulièrement signalés et suivis par les autorités.
En Europe de l’Est et dans les Balkans, les dynamiques sont liées à l’histoire politique et religieuse des régions. Des tensions interconfessionnelles peuvent entraîner des violences ciblées ou des discriminations locales.
À l’échelle de l’Union européenne, les institutions suivent les crimes de haine fondés sur la religion, incluant ceux visant des chrétiens. Ces actes sont condamnés au même titre que toute autre violence religieuse, sans reconnaissance d’une discrimination structurelle spécifique.
Situation Mondial
En Asie, dans certains pays, des minorités chrétiennes font face à des discriminations, restrictions ou violences, parfois graves, reconnues par les institutions internationales.
En Amérique latine, les chrétiens constituent majoritairement la population, mais certaines communautés ou responsables religieux peuvent être ciblés dans des contextes de violences politiques ou criminelles.
En Afrique du Nord, les communautés chrétiennes minoritaires peuvent être confrontées à des restrictions de culte et à des pressions sociales ou institutionnelles.
En Afrique subsaharienne, des violences ciblant des chrétiens existent dans des contextes de conflits armés ou d’extrémisme religieux, sans homogénéité régionale.
En Océanie, la liberté de religion est largement garantie, et les actes antichrétiens restent marginaux, bien que suivis par les autorités.
En Amérique du Nord, la liberté religieuse est globalement protégée. Des incidents antichrétiens existent, mais ils ne s’inscrivent pas dans un système de discrimination structurelle.
La recherche montre que, comme toute discrimination religieuse, l’hostilité ou la stigmatisation visant des personnes chrétiennes peut avoir des effets négatifs sur la santé mentale et sociale : stress chronique, sentiment d’insécurité, retrait social et diminution du sentiment d’appartenance. Dans certains contextes (minorité religieuse, zones de conflit ou régimes autoritaires), ces discriminations peuvent aller jusqu’à des violences, des restrictions de liberté de culte ou des persécutions institutionnelles. Les sciences sociales soulignent également que la banalisation des discours hostiles envers un groupe religieux contribue à la polarisation sociale et affaiblit la cohésion collective, en renforçant les logiques de « nous contre eux », indépendamment du groupe ciblé.
