Un jour, quelqu’un a dit qu’être mince, c’était être en bonne santé. La maigrophobie commence en ignorant la souffrance des personnes sous‑poids.
Lutte sociale/santé
La maigrophobie désigne l’ensemble des discriminations, stigmatisations et violences visant les personnes maigres ou perçues comme trop minces, en raison de leur corpulence. Elle repose sur des normes corporelles prescriptives et sur des stéréotypes associant la minceur extrême à la maladie, à la fragilité ou à une supposée responsabilité individuelle.
La maigrophobie trouve son origine dans des normes sociales contradictoires autour du corps. Si la minceur est souvent valorisée, elle devient socialement sanctionnée dès lors qu’elle s’écarte des standards jugés « acceptables ». Les corps trop minces sont alors perçus comme anormaux, inquiétants ou déviants.
Cette discrimination s’est renforcée avec la médicalisation des corps, où la minceur est fréquemment associée à des troubles alimentaires ou à des pathologies, parfois sans fondement clinique.
La confusion entre corpulence, santé et comportement individuel contribue à légitimer des jugements intrusifs et stigmatisants.
Personne touchées
- Les personnes maigres
- Les personne perçues comme maigre
- Les personnes naturellement maigres.
- Les personnes atteintes de Pathologies chroniques, de troubles métaboliques ou digestifs.
- Les personnes souffrant ou ayant souffert de troubles du comportement alimentaire (TCA).
- les personnes perçues comme trop minces, indépendamment de leur état de santé réel.
Les femmes et les jeunes sont particulièrement exposés, en raison d’un contrôle social accru des corps.
D'où ça vient ?
- Normes corporelles prescriptives, définissant un « bon » poids socialement acceptable.
- Médicalisation abusive, réduisant la personne à sa corpulence.
- Intrusion dans la vie privée, via des remarques constantes sur le corps ou l’alimentation.
- Responsabilisation individuelle, supposant que la minceur serait toujours volontaire ou pathologique.
- Banalisation sociale, les remarques étant souvent présentées comme bienveillantes ou humoristiques.
Ces mécanismes sont reconnus comme pouvant aggraver la détresse psychologique et les troubles de santé existants.
- Remarques déplacées ou moqueries (« tu es trop maigre », « tu devrais manger plus »).
- Soupçons systématiques de troubles alimentaires.
- Pressions alimentaires dans les contextes familiaux ou professionnels.
- Dévalorisation du corps, perçu comme fragile ou non désirable.
- Minimisation de la souffrance, au motif que la minceur serait socialement enviable.
Si toi aussi tu subis de la discrimination, sache que tu n’es pas seul·e.
En parler est déjà un premier pas.
N’aie jamais honte de ton histoire.
Qu'en dit la Science?
La science reconnaît la maigrophobie comme une forme de stigmatisation corporelle visant les personnes perçues comme trop minces, fondée sur des normes sociales et culturelles du corps « acceptable ». Les recherches en psychologie sociale et en santé publique montrent que la minceur peut être associée à des stéréotypes négatifs (fragilité, maladie, manque de contrôle, soupçons de troubles alimentaires), indépendamment de la réalité médicale ou de l’état de santé des individus. La maigrophobie peut toucher des personnes de tous âges, y compris celles ayant une morphologie naturelle, une condition médicale, un handicap, ou des variations métaboliques, et s’inscrit dans des normes esthétiques rigides qui valorisent certains corps au détriment d’autres.
Situation en Europe
En Europe de l’Ouest, la maigrophobie est rarement reconnue comme une discrimination spécifique. Elle s’exprime surtout par des micro-agressions et une banalisation des remarques sur le corps, y compris dans les milieux médicaux.
En Europe de l’Est et dans les Balkans, les normes corporelles peuvent être particulièrement strictes, exposant les personnes maigres à une stigmatisation accrue et à une surveillance sociale du corps.
À l’échelle de l’Union européenne, la maigrophobie est peu documentée institutionnellement. Toutefois, les agences de santé soulignent les effets négatifs des jugements liés au poids, quel qu’il soit, sur la santé mentale et l’accès aux soins.
Situation Mondial
En Asie, certaines normes esthétiques valorisent la minceur tout en stigmatisant les corps jugés trop maigres, créant une double contrainte sociale.
En Amérique latine, la pression sur les corps féminins favorise des injonctions contradictoires, exposant les personnes maigres à des jugements négatifs et à une surveillance sociale du poids.
En Afrique du Nord, la maigreur peut être associée à la maladie ou à la précarité, entraînant des attitudes stigmatisantes envers les personnes concernées.
En Afrique subsaharienne, la maigreur est parfois associée à la maladie ou à la pauvreté, ce qui peut générer des discriminations sociales spécifiques.
En Océanie, les normes corporelles occidentales coexistent avec des réalités de santé publique complexes, exposant les personnes maigres à des jugements contradictoires et à la stigmatisation.
En Amérique du Nord, la maigrophobie est reconnue dans les études sur la stigmatisation du poids, notamment en lien avec les TCA et la santé mentale. Les remarques intrusives restent fréquentes malgré une prise de conscience croissante.
La maigrophobie a des conséquences réelles sur la santé mentale et sociale des personnes concernées. Elle est associée à une baisse de l’estime de soi, à de l’anxiété, à des comportements de contrôle alimentaire, à une pression à modifier son corps pour correspondre aux normes, ainsi qu’à une banalisation des commentaires intrusifs ou violents sur l’apparence. Elle peut également entraîner une invisibilisation des besoins médicaux, notamment lorsque la minceur est automatiquement interprétée comme un signe de bonne santé ou, au contraire, systématiquement pathologisée. À l’échelle sociétale, la maigrophobie participe à la normalisation de la surveillance des corps et renforce les discriminations liées à l’apparence, contribuant à un climat de violence symbolique généralisée autour du poids.


