Un jour, quelqu’un a cru avoir le droit de questionner le corps, le prénom ou l’existence d’une personne trans. C’est souvent ainsi que la transphobie s’installe : en prétendant débattre.
Lutte Queer
La transphobie désigne l’ensemble des attitudes, comportements ou discriminations dirigés contre les personnes transgenres ou non conformes au genre, fondés sur la peur, le rejet ou l’incompréhension de leur identité de genre.
La transphobie désigne l’ensemble des attitudes, comportements et politiques hostiles envers les personnes transgenres, c’est-à-dire les personnes dont l’identité de genre ne correspond pas au sexe qui leur a été assigné à la naissance.
Elle trouve ses origines dans le cissexisme (présomption que tout le monde est ou doit être cisgenre), dans des normes binaires rigides de genre, ainsi que dans une longue histoire de pathologisation médicale des identités trans. Jusqu’en 2019, la transidentité figurait encore dans les classifications internationales des maladies mentales ; l’Organisation mondiale de la santé l’a depuis retirée de cette catégorie, marquant une évolution majeure dans la reconnaissance des droits des personnes trans.
Personne touchées
- Les personnes transgenres
- Les personnes non binaires
- Les personnes perçues comme trans.
- Les personnes transgenres (hommes trans, femmes trans).
- Les personnes non binaires ou dont l’identité de genre ne correspond pas strictement aux catégories homme/femme.
- Les personnes perçues comme trans, indépendamment de leur identité réelle.
Les personnes trans sont exposées à des discriminations multiples, souvent cumulées avec d’autres facteurs (sexisme, racisme, précarité, handicap), ce qui accroît leur vulnérabilité sociale et économique.
D'où ça vient ?
- Cissexisme et normes de genre : refus de reconnaître la légitimité des identités trans.
- Pathologisation et suspicion : remise en cause systématique de l’identité, des parcours médicaux ou administratifs.
- Déshumanisation : réduction des personnes trans à des débats idéologiques ou médiatiques.
- Discriminations institutionnelles : obstacles à l’état civil, à la santé, à l’emploi, au logement ou à l’éducation.
- Fétichisation : réduction des personnes trans à des objets de fantasme, niant leur humanité et leurs limites.
- Injonction au “passing” pour être en sécurité : pression à correspondre aux normes cis pour éviter violences et discriminations.
- Exposition accrue aux réseaux d’exploitation : ciblage de personnes trans par des réseaux de prostitution et de traite, lié à la précarité et à l’exclusion.
Ces mécanismes sont largement documentés par les institutions européennes et internationales comme produisant des discriminations systémiques.
- Mégenrage, insultes et propos dénigrants.
- Harcèlement et violences dans l’espace public, à l’école ou au travail.
- Refus de soins ou parcours médicaux entravés.
- Discriminations administratives (état civil, papiers d’identité).
- Violences physiques et crimes de haine, avec une forte sous-déclaration.
- Discrimination à l’embauche et au travail : refus de recrutement, mises à l’écart, licenciements déguisés, placardisation.
- Violences physiques et crimes de haine, avec une forte sous-déclaration.
- Usage de termes inappropriés ou stigmatisants (ex. “transexuel·le”) pour invalider les identités trans ou les réduire à un statut médicalisé.
Si toi aussi tu subis de la discrimination, sache que tu n’es pas seul·e.
En parler est déjà un premier pas.
N’aie jamais honte de ton histoire.
Qu'en dit la Science?
Les enquêtes européennes montrent que les personnes trans sont parmi les populations les plus exposées aux violences et discriminations au sein des minorités LGBTQIA+.
Abstracts
Articles
Situation en Europe
En Europe de l’Ouest, plusieurs pays ont amélioré la reconnaissance juridique des personnes trans, notamment par des procédures de changement d’état civil plus accessibles. Toutefois, les discriminations sociales, les violences et les difficultés d’accès aux soins demeurent élevées, en particulier pour les personnes trans les plus visibles.
En Europe de l’Est et dans les Balkans, les personnes trans font face à des hostilités politiques et sociales accrues. Les protections juridiques sont souvent faibles ou inexistantes, et les discours transphobes sont parfois relayés par des responsables politiques ou religieux.
- À l’échelle de l’Union européenne, les enquêtes de la FRA montrent que les personnes trans déclarent des niveaux très élevés de discrimination, de harcèlement et de violences. La Rainbow Map d’ILGA-Europe met en évidence des écarts importants entre États membres concernant la reconnaissance juridique et la protection effective des droits des personnes trans.
Situation Mondial
En Asie, les situations sont très hétérogènes. Certaines sociétés reconnaissent partiellement les identités trans, tandis que d’autres maintiennent une forte stigmatisation sociale, des discriminations institutionnelles et parfois une criminalisation indirecte.
L’Amérique latine connaît à la fois des avancées juridiques pionnières dans certains pays et un niveau élevé de violences transphobes, avec de nombreux assassinats de personnes trans signalés chaque année par les ONG internationales.
En Afrique du Nord, l’absence de reconnaissance juridique et la criminalisation indirecte exposent les personnes trans à des violences, à l’exclusion sociale et à l’arbitraire policier, sans mécanismes de protection efficaces.
En Afrique subsaharienne, les personnes trans sont confrontées à une forte transphobie sociale et institutionnelle. Même dans les pays disposant de cadres juridiques progressistes, les violences et discriminations restent très répandues.
En Océanie, l’Australie et la Nouvelle-Zélande offrent des protections relativement solides, tandis que plusieurs États insulaires maintiennent des cadres juridiques et sociaux très hostiles aux personnes trans.
En Amérique du Nord, le Canada dispose de protections juridiques avancées. Aux États-Unis, la situation est très contrastée selon les États, avec des protections locales mais aussi des reculs législatifs visant spécifiquement les personnes trans, notamment dans l’accès aux soins.
Prémisse d’un Génocide trans au états Unis.
Le terme TERF (Trans-Exclusionary Radical Feminist) désigne des courants ou personnes se réclamant du féminisme radical tout en excluant les femmes trans de la catégorie des femmes, et en s’opposant aux droits des personnes trans, en particulier des femmes trans.
Les institutions et la recherche académique soulignent que ces positions constituent une forme de transphobie, dès lors qu’elles nient l’identité de genre des personnes trans et soutiennent des politiques ou discours discriminatoires
Les courants qualifiés de TERFs s’inscrivent dans une lecture biologisante et essentialiste du genre, selon laquelle :
- Le sexe assigné à la naissance déterminerait de manière définitive l’appartenance au groupe des femmes ou des hommes.
- L’expérience sociale des femmes serait exclusivement fondée sur la biologie reproductive.
Cette approche s’oppose aux cadres contemporains des droits humains et des sciences sociales, qui reconnaissent le genre comme une construction sociale, distincte du sexe biologique, et l’identité de genre comme un élément central de l’identité personnelle.
D'où ça vient ?
Les discours et actions TERFs ont des conséquences réelles :
- renforcement des discriminations légales et sociales
- légitimation de politiques restrictives en matière de santé, d’état civil ou d’accès aux espaces publics
- augmentation du harcèlement et des violences envers les personnes trans
- isolement social et détérioration de la santé mentale.
Les agences de santé publique soulignent que la stigmatisation institutionnelle est un facteur majeur de risques psychosociaux pour les personnes trans.
Mécanismes transphobes spécifiques
- Négation de l’identité de genre des personnes trans.
- Rhétorique de la menace, présentant les femmes trans comme un danger pour les femmes cis.
- Appropriation du langage féministe, utilisé pour justifier l’exclusion.
- Effacement des violences subies par les personnes trans, en particulier les femmes trans.
- Alliance ponctuelle avec des mouvements conservateurs ou réactionnaires, malgré des objectifs historiquement opposés.
Le Conseil de l’Europe note que ces discours contribuent directement à un climat de stigmatisation et de violences envers les personnes trans.
Pourquoi ces positions ne relèvent pas du féminisme inclusif
Les institutions internationales rappellent que :
- les droits des femmes et les droits des personnes trans ne sont ni concurrents ni incompatibles ;
- l’exclusion des femmes trans ne protège pas les femmes, mais renforce des logiques de contrôle des corps et des identités ;
- les femmes trans sont elles-mêmes exposées à des niveaux très élevés de violences sexistes et sexuelles.
L’ONU Femmes et l’OMS considèrent que l’exclusion des personnes trans va à l’encontre des principes fondamentaux d’égalité, d’autonomie corporelle et de dignité humaine, qui constituent le socle du féminisme contemporain.
Au niveau européen, l’enquête de l’Agence des droits fondamentaux de l’UE (FRA) montre que la discrimination et les violences motivées par la haine restent une réalité significative pour les personnes LGBTQIA+ dans de nombreux pays, même quand le cadre légal progresse.


